Le Guatemala a été la scène de nombreux films à résonance internationale. Que ce soit pour son histoire précolombienne, la beauté de ses paysages ou le maintien de ses traditions et coutumes, le Guatemala plaît à l’écran. Bien que peu développée, l’industrie du cinéma guatémaltèque réussit tout de même à faire sa place, en cassant les codes et en tentant de remettre en question des sujets de société bien ancrés dans le pays.
Ces scènes de blockbusters tournées au Guatemala
Les aventures de Tarzan au Guatemala
Un des premiers films à se dérouler au Guatemala est Les Nouvelles Aventures de Tarzan (1935), réalisé par Edward A. Kull et Wilbur McGaugh. Ce film en noir et blanc a presque intégralement été tourné au Guatemala, aux quatre coins du pays : Chichicastenango, Antigua, Livingston, Quiriguá, entre autres.
Dans une autre version de Tarzan, une série du réalisateur Ron Ely diffusée de 1966 à 1968, Tarzan va également visiter le Guatemala. Dans un épisode de 1967, Tarzan va à la recherche du trésor de Koulou sur le site archéologique de Zaculeu, dans la région de Huehuetenango. Pour l’occasion, la United Fruit Company a complètement rénové le site, ce qui lui donne l’apparence d’un seul bloc de ciment.
Tikal, entre science-fiction et agent secret
En 1977, le site maya de Tikal a servi de décor pour Star Wars, épisode IV : un nouvel espoir. La jungle du Petén devient le décor de la lune Yavin 4 et les temples I et II du site archéologique se distinguent entre la dense végétation. La scène, filmée depuis le Temple IV, montre un rebel supervisant l’atterrissage du Faucon Millenium sur la lune Yavin.
C’est au tour de James Bond de visiter l’incroyable cité maya en 1979. Dans le film Moonraker, on voit l’agent spécial poursuivre une femme jusqu’au QG de la Pyramide de Hugo Drax, tourné aux chutes d’Iguazu en Argentine et sur le site maya de Tikal, au Guatemala. C’est cette même année, que Tikal entre au Patrimoine Mondial de l’UNESCO.
Terminator sur les plages des caraïbes
Le Guatemala est également à l’honneur dans le film Terminator, Dark Fate (2019). Le film débute sur les plages de sable blanc de la côte caraïbe du Guatemala. Les premières minutes du film mettent en scène les acteurs Linda Hamilton, Edward Furlong et Arnold Schwarzenegger sur les plages de Livingston.
Ces films qui vous transportent dans l’histoire du Guatemala
L’histoire du Guatemala est profondément marquée par 36 ans de guerre civile, entre 1960 et 1996. Cette guerre civile débute dans un contexte de Guerre froide, dans un pays où domine la droite et où la Révolution cubaine de 1953 inspire les socialistes à se révolter contre l’oppression militaire. Génocide maya, disparitions non expliquées et migrations illégales ont inspirés quelques films qui ont fait parlé d’eux à échelle mondiale.
El Norte (1983), un film indépendant sorti pendant le conflit
Le film El Norte suit deux adolescents indigènes qui tentent de fuir les persécutions de la Guerre civile au Guatemala jusqu’aux Etats-Unis en passant par le Mexique. En 1985, il a été nominé pour l’Oscar du meilleur scénario original, devenant le premier film latinoaméricain à recevoir cette nomination.
Cette œuvre du 7ème art se distingue sur plusieurs aspects. Il rentre dans le mouvement du réalisme magique, d’ordinaire plutôt représenté en littérature. Alors que l’action semble se dérouler dans une atmosphère ordinaire, certains aspects extraordinaires voire fantastiques permettent de bousculer cette normalité. La réalité de l’exode guatémaltèque que le film traite l’a transformé en vrai symbole de lutte. Cela a également soulevé de grosses questions sur la vision indigène et l’intolérance envers les communautés mayas au Guatemala.
Un film fiction-documentaire sur les disparus de la Guerre civile
Quant à lui, le film Nuestras Madres (2019) mélange la fiction et le film documentaire pour mettre en lumière ces mères qui ont perdu leurs enfants pendant la Guerre civile guatémaltèque. Alors que ces morts sont passés pour disparus par le gouvernement guatémaltèques pendant des années, l’ouverture d’un jugement et l’arrivée d’un anthropologue va rouvrir les blessures du passé. Il s’agit du combat de toute une vie pour obtenir des réponses sur un des génocides les plus meurtriers de toute l’Amérique latine. La même année de sa sortie, le film obtient la Caméra d’Or au Festival de Cannes.
Notre coups de coeur
Alors que le Guatemala n’a pas d’industrie du cinéma à proprement parler, un réalisateur guatémaltèque a tout de même su faire sa place sur les grands écrans : il s’agit de Jayro Bustamente. Il dit s’être intéressé au cinéma après avoir grandi auprès des conteurs d’histoires dans son village natal de Panajachel, au bord du Lac Atitlan. Ses trois œuvres majeures ont su traiter des sujets encore tabous dans la société guatémaltèque.
Son premier succès Ixcanul (2015) est une critique au machisme et au racisme. On suit l’histoire de María, une jeune indigène de 17 ans sur le point de se marier. Peu après le mariage, sous la pression de son mari, elle tombe enceinte. Alors que la grossesse se passe au mieux, elle va finir hospitalisée à la suite d’une morsure de serpent. C’est à partir de là que les choses vont dégénérer. Le film jongle entre trafic d’enfants, précarité des communautés rurales et cosmovision indigène.
Dans son deuxième film Tremblements (2019), Bustamente remet en question le modèle familial traditionnel guatémaltèque. Il s’agit de l’histoire de Pablo, un homme marié avec des enfants et très pratiquant, losqu’il décide de révéler son homosexualité. Son entourage et l’Église dans laquelle il va, vont tenter de le soigner. Dans un pays où les thérapies de conversion sont encore très présentes, ce film est un vrai bouleversement des mentalités.
La même année sort La Llorona, un mélange entre film historique et légende. La figure de la llorona est adorée en Amérique latine. Jayro Bustamente a revisité cette légende pour la transformer en justicière du peuple ixil, victime du génocide pendant la Guerre civile. Elle va ainsi hanter un colonel condamné pour avoir participé au génocide indigène dans les années 80.
Pour vous donner encore plus envie de voyager au Guatemala
Et si on ne vous a toujours pas convaincu de visiter le Guatemala, le documentaire Guatemala, Tierra Maya (2019) pourra peut-être le faire. En collaboration avec Netflix et l’INGUAT, le ministère du tourisme au Guatemala, ce documentaire vous permettra de voir la beauté et la richesse culturelle de ce pays. Il vous fera voyager au plus proche du quetzal, animal emblématique du pays, vous fera atteindre le sommet du volcan Acatenango, ou encore vous fera replonger dans le passé en découvrant Tikal, un site archéologique maya plongé au fond de la jungle du Petén.